Hommage à Monsieur Christophe POIRIER, dit "Teuf"
------(entrée en musique : Renaud Mistral Gagnant)------
Mesdames, Messieurs, chers amis, chère famille,
Nous voici réunis en ce cimetière de Semoussac, sous le ciel de cette Charente-Maritime qu’il aimait tant, pour accompagner Mr Christophe POIRIER à sa dernière demeure. Il y a des départs qui se font dans la douceur de l'âge, et d'autres, comme celui de Christophe, qui nous frappent par leur brutalité et leur silence. À 46 ans, le livre de sa vie s'est refermé brusquement, nous laissant tous avec ce sentiment d'inachevé, de "trop tôt", et de questions sans réponses.
Mais aujourd'hui, au-delà de la douleur et du choc, nous sommes là pour nous souvenir de la lumière qu'il a été. Car la vie de Christophe ne se résume pas à son départ. Elle fut riche de rires, de passions, de travail et d'amour.
Évocation du Chemin de Vie
Christophe, ou "Teuf" comme beaucoup l'appelaient affectueusement, a vu le jour à Angers. Puis, les vents de la vie l'ont porté ici, où il a construit son existence. C'était un homme de constance. Durant plus de 25 ans, il a offert son savoir-faire et sa fidélité à l'entreprise Metalit. Ses collègues perdent aujourd'hui un pilier, quelqu'un sur qui l'on pouvait compter.
Mais c'est au cœur de sa famille que Christophe puisait son essentiel. Il laisse aujourd'hui ses parents, Nadine et Joël, pour qui la perte d'un enfant est une épreuve contre-nature. Il laisse ses enfants, sa fierté, Mathilde et Benjamin. Delphine ,la mère de ses enfants. Il laisse ses sœurs, Angélique, Alexia et Charline, avec qui il a partagé les premiers chapitres de sa vie. Et bien sûr, toute cette joyeuse troupe de neveux et nièces : Corentin, Thibault, Clara, Mia, Ninho et Paul.
A présent je vais vous faire la lecture d’un poème choisi par la famille :
Nous n’avons jamais su
Nous n’avons jamais su ce que tu pensais
Sur plein de choses pourtant essentielles.
Tu ne parlais jamais de Dieu,
Mais tu allais à l’église de temps et temps
Pour dire adieu à tes amis quand ils mourraient,
Pour partager la joie de ceux qui se mariaient,
Pour accueillir les enfants de la famille
ou des amis quand on les baptisait
Et pour les entourer plus tard,
Quand ils faisaient leur première communion.
Aujourd’hui, nous tes proches nous te disons adieu,
Nous espérons que silencieusement tu as rejoint ceux que tu
aimais,
Ceux dont tu avais partagé le travail, les soucis,
Ceux que tu avais aidés ou qui t’avaient rendu service.
Demain, nous aussi nous partirons sans avoir terminé notre
travail,
Nous laisserons sans doute des choses à faire.
Nous abandonnerons nos travaux entrepris que d’autres à
notre place poursuivront.
Mais ce jour là, nous espérons te retrouver, nous viendrons
silencieusement
Nous asseoir auprès de toi dans la maison de Dieu.
Portrait et Souvenirs
Christophe était un homme simple, protecteur, une oreille attentive. Il avait cet humour bien à lui, un peu ironique, parfois moqueur, mais toujours avec le cœur. Il était un amoureux de la nature. Il aimait s'évader lors de longs week-ends de pêche à la carpe. Parfois seul, pour se ressourcer dans le silence, parfois avec ses enfants, pour transmettre.
Son jardin était son autre refuge, un lieu coloré dont il prenait grand soin, comme pour mettre de la beauté dans le quotidien.
Il y avait aussi le foot. Joueur, puis coach apprécié au club de Saint-Genis. Il aimait transmettre aux jeunes, partager l'esprit d'équipe.
Les souvenirs, eux, sont vivaces et nous font sourire malgré les larmes. Ses sœurs se rappellent de ce grand frère protecteur mais taquin. Elles se souviennent de ces vadrouilles pour aller pêcher les écrevisses, de ces parties de "gendarmes et voleurs" dans les champs de maïs. Elles se souviennent aussi de son sens des affaires un peu particulier... quand il leur vendait ses billes pour 2 francs et ses cassettes audio pour 5 francs ! Son père, Joël, garde en mémoire ces voyages à travers l'Europe, où il emmenait son fils dans son camion, lui faisant découvrir le monde. Sa maman, Nadine, entend sans doute encore cette phrase qu'il prononçait avec assurance, surtout après un petit verre de trop : "Mum, t'inquiète pas, je gère". Et vous, Mathilde et Benjamin, vous garderez ces souvenirs de vacances en Corrèze, en Camargue ou à la montagne... et ces interminables parties de belote auxquelles il vous obligeait presque à jouer !
Il y a enfin ce souvenir précieux, ce dernier Noël passé tous ensemble. Christophe chantant les chansons de sa jeunesse, entraînant tout le monde avec lui. Gardez cette image : celle d'un homme qui chante, entouré des siens.
A présent je vais vous faire la lecture d’un poème choisi par sa famille :
Hier, Aujourd’hui, Demain
Hier, aujourd’hui, demain,
Nous avions ensemble fait tant de choses,
Et voilà que maintenant tu nous quittes.
Nous avons mangé et bu avec Toi,
Avec Toi nous avons partagé les soucis et les travaux
quotidiens,
Avec Toi nous avons partagé tant de projets et tant d’espoirs.
Il y a tant de choses encore que nous aurions voulu faire
ensemble.
Mais tout cela semble s’arrêter aujourd’hui,
Et ce n’est plus ensemble que nous allons réaliser ce que tu
espérais.
Nous voudrions nous souvenir de Toi,
Continuer de travailler à tout ce que tu attendais,
A tout ce que tu espérais.
Comme un mur, la mort nous sépare de Toi,
Comme le souffle du vent qui balaie les obstacles.
Notre amitié, notre affection et notre espérance
S’en iront te rejoindre là où désormais tu nous attends.
Sache que l’on ne t’oubliera jamais,
Tu resteras dans nos cœurs et dans nos pensées
Pour toujours
Nous t’aimons.
Pause Musicale et Recueillement
Je vous invite maintenant à un temps de silence et de musique. Fermez les yeux. Ne pensez pas à la fin. Pensez au coach sur le terrain, au pêcheur au bord de l'eau, au père, au frère, au fils. Laissez revenir à vous des souvenirs partagés, des moments de joie, son sourire et sa voix.
(Musique : La pêche à la ligne de Renaud ) Est ce que quelqu’un parmi vous souhaite prendre la parole ? partager un souvenir ou tout simplement lui dire un mot ?
Je vais à présent vous faire la lecture de deux poèmes :
Comme un arbre
Comme un arbre,
Nous te voulions invincible.
Dans la tourmente,
Tu nous tendais les bras,
Comme pour nous protéger.
Tu étais toujours si paisible.
Comme un arbre,
Tu as tissé des liens si forts,
Noué des attaches si solides.
Dans la nuit, tu nous donnais la main.
Dans le silence,
Tu nous ouvrais ton cœur.
Aujourd’hui, les saisons te rappellent,
Et nos chemins se croisent
Sans jamais se quitter.
Comme un arbre,
Arque bouté, de la terre jusqu’au ciel,
Les souvenirs reviennent,
Racines de la vie.
Le Souffle de l'Adieu
Aujourd'hui, le ciel se voile,
Et nos cœurs portent l'étoffe du chagrin.
Mais dans le silence, une étoile,
Nous murmure que tu n'es pas si loin.
Tu as quitté nos mains,
Mais ton souffle demeure,
Dans le vent qui nous enlace,
Dans l'aube qui nous effleure.
Chaque souvenir est une lumière,
Un pas dans le jardin de nos mémoires.
Ton rire, ta voix, ton regard clair,
Sont des éclats d'éternité, toujours présents, toujours sincères.
Ne pleurez pas mon absence,
Car je suis là, dans chaque branche qui danse,
Dans chaque rayon de soleil,
Dans chaque éclat de lune qui sommeille.
La vie est un passage,
Un voyage entre ombre et lumière.
Et même dans l'adieu,
L'amour reste une prière.
Alors, souvenez-vous,
Que je ne suis jamais bien loin.
Je suis l'écho de vos rires,
Le murmure de vos matins.
Et quand le vent caressera vos visages,
Sachez que c'est moi,
Qui vous chuchote à l'oreille :
"Je vous aime, et je vous veille."
Réflexion Universelle et Apaisement
Mesdames, Messieurs, face au geste de Christophe, un sentiment de culpabilité peut parfois s'insinuer dans les cœurs de ceux qui restent. On se demande "Pourquoi ?", on se demande "Qu'aurais-je pu faire ?", on refait le film de l'histoire en cherchant des signes. À vous, sa famille, ses parents, ses enfants, ses sœurs, sa famille et ses amis je voudrais dire ceci : ne portez pas ce fardeau. La douleur intérieure demeure souvent un territoire inconnu, indétectable même pour ceux qui nous entourent avec le plus d'amour. Il y a des douleurs qui ne trouvent pas de mots, des tempêtes intérieures que l'on cache par pudeur ou par protection. Christophe a fait un choix qui lui appartient, un choix pour trouver une paix qu'il ne trouvait plus ici-bas. Ce n'est pas un manque d'amour pour vous. Au contraire, il vous a aimés, à sa manière, sincèrement. Aujourd'hui, il ne faut pas chercher de coupables, il n'y a que de la douleur à apaiser. Il faut accepter de ne pas tout comprendre, et laisser la paix recouvrir les questions. Sa souffrance est terminée, ne laissez pas la vôtre se teinter de regrets. Gardez de lui ce qu'il vous a donné de meilleur.
Lecture d’un poème écrit pour Christophe : L’autre rive de Teuf
Remerciements
Au nom de toute la famille, je tiens à vous remercier. Merci à vous, ses amis du club de foot de Saint-Genis, ses collègues de chez Metalit, et vous tous présents aujourd'hui. Votre soutien, votre présence nombreuse, prouvent que Christophe a marqué les esprits et qu'il était aimé.
Dernier Adieu et Geste d'Hommage
Christophe aimait les fleurs, il aimait la couleur dans son jardin. Nous allons maintenant l'accompagner une dernière fois. Je vous invite à vous approcher du cercueil. Vous pouvez y déposer ces pétales de roses, comme une dernière touche de couleur pour lui, ou simplement poser une main, avoir une pensée. C’est le moment de lui dire : "T'inquiète pas Christophe, on gère, on continue, mais tu vas nous manquer".
Poème de départ
Christophe, Le match est fini, le sifflet a retenti.
Tu as rangé tes cannes à pêche, quitté le bord de l'étang.
Tu laisses ton jardin, mais tu emportes le printemps.
Ta barque a glissé vers l'autre rive, dans le silence,
Loin du tumulte, vers une nouvelle existence.
Que là-bas, tu retrouves la paix que tu cherchais tant,
Que tu veilles sur tes enfants, tes parents, à chaque instant.
Tu resteras ce frère taquin, ce papa aimant, ce coach dévoué,
Dans le cœur de ceux qui t'ont aimé, tu ne seras jamais oublié.
Monsieur Christophe POIRIER, cher "Teuf", je vous dis sincèrement et respectueusement, reposez en paix.